Près d’un an après le début du génocide, Gaza est dans tous les esprits. « Free Palestine » devient l’hymne d’une Fête du grand écart, où l’on peut applaudir Angela Davis et Dominique de Villepin.
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Quand la Fête de l'Humanité fait date
Culturelle, politique et populaire… depuis 1930 ! La Fête de l’Humanité fêtera sa 90e édition les 12, 13 et 14 septembre 2025 sur la Base 217. L’occasion de revisiter ces éditions de la Fête qui ont fait date.
Un an plus tôt, entre deux confinements, « la Fête autrement » avait fait acte de résistance sur plusieurs sites, réunissant jusqu’à 1 500 personnes. Avec la douloureuse période du Covid, l’absolue nécessité de se retrouver, en vrai, s’est imposée. Masqués, vaccinés et le poing levé.
À quelques mois de l’élection présidentielle, la gauche prend des forces dans cette agora du peuple progressiste qu’est la Fête, portée par les vents de colère mais aussi d’espoir venus des printemps arabes et des mouvements qui secouent l’Europe.
Cette édition est celle de tous les traumatismes. Celui du choc du 21 avril, qui a vu l’extrême droite incarnée par Jean-Marie Le Pen accéder au second tour de la présidentielle, bien sûr. Mais également des expéditions guerrières qui se préparent au Moyen-Orient, un an après le 11 septembre. À La Courneuve, la riposte s’organise.
Trois jours après les attentats du 11 Septembre, la Fête se tient tout de même, marquée par une affluence record malgré la sécurité renforcée. Manu Chao électrise le grand rassemblement fraternel qui rêve comme jamais d’un autre monde.
La prise de parole du leader palestinien en direct de Ramallah restera comme une prouesse technique et un symbole politique fort. Ses paroles ont irrigué une édition qui célèbre le centenaire de l’écrivain communiste et se déroule quelques semaines après la victoire de la gauche aux législatives.
En 1996, le président sud-africain Nelson Mandela se fend d’une allocution vidéo à destination du public de la Fête de l’Humanité. Un événement, après des années de combat en faveur de sa libération et la fin de l’apartheid en Afrique du Sud, auxquels notre journal a contribué.
L’édition de 1988 fait sa révolution culturelle avec un défilé Yves Saint Laurent, aussi fou que novateur, une exposition consacrée au « Drapeau national dans la peinture » avec des tableaux de maîtres, une création de William Forsythe pour Mandela, un hommage à René Char, les concerts de Kassav, Charles Aznavour, le tout sous le signe du bicentenaire de la Révolution française. Une fête qui déménage !
En mai, la gauche prend le pouvoir. En septembre, la Fête devient le rendez-vous incontournable du peuple progressiste. Dans une atmosphère électrique, où l’espoir et l’enthousiasme se mêlent à la prudence et à l’expectative, des dizaines de milliers de personnes se rassemblent pour célébrer la victoire. Les regards se tournent vers les ministres communistes, sur lesquels on compte, peut-être un peu trop, pour faire avancer les réformes.
Dans la foulée des JO de Montréal, la Fête 1976 choisit le sport comme thème central. Champions, dirigeants, techniciens, fédérations, bénévoles partagent leur passion pendant plus de deux jours au parc de La Courneuve au fil de débats, tournois, galas et autres expositions. Une édition qui est restée dans les mémoires.
En 1973, après deux années d’incarcération arbitraire, la militante américaine est invitée à La Courneuve où elle reçoit un accueil enthousiaste. Une incroyable exposition « Picasso » rend hommage au peintre, mort en avril.
La Fête prend ses quartiers à Vincennes pour la troisième année. Les couleurs vives de l’affiche de cette édition contrastent avec l’ombre portée par l’intervention soviétique en Tchécoslovaquie. Tout comme les victoires sociales de mai se heurtent à la déroute des législatives de juin. Dans les allées, l’heure est à la solidarité avec le peuple vietnamien.
Entre deux époques, au lendemain de la libération de l’Algérie, la 26e Fête de l’Humanité valse sur un rythme à deux temps, entre twist et tango, entre la soif de vivre et le deuil des martyrs tombés dans la lutte pour la paix et l’indépendance.
En 1954, la paix est l’un des thèmes phares de la Fête à Vincennes, qui célèbre également le 50e anniversaire du journal. Pour la première fois, les stands internationaux autour de journaux « frères » se réunissent au sein d’une Cité internationale.
La Fête de l’Humanité de 1951 exige la libération du marin de la paix. Le militant communiste engagé contre la guerre au Vietnam a été condamné à cinq ans d’emprisonnement au terme d’un procès militaire très politique.
Placée sous le signe des travailleurs, l’édition 1946 rassemblera plus de 1 million de personnes. Elle met à l’honneur celles et ceux qui aussitôt gagné le combat contre l’occupant « se sont immédiatement remis au travail pour gagner la bataille du charbon ».
Interdite durant l’Occupation, la Fête de l’Humanité rouvre ses portes le 2 septembre 1945. Près d’un million de participants vont y savourer la paix retrouvée. Le journal célèbre sa republication au grand jour et le PCF, au cœur de la « bataille de la production », démontre sa puissance militante, à quelques semaines d’un scrutin décisif pour l’avenir politique du pays.
On joue volontiers les prolongations des congés payés à la Fête de l’Humanité de 1937. Un an plus tôt, la victoire de la coalition de gauche a consacré des droits chèrement conquis par les travailleurs. L’heure est aussi à la solidarité. La guerre livrée par les franquistes contre la République espagnole est dans tous les esprits.
Dans la tradition des rassemblements populaires du mouvement ouvrier, la conférence des comités de défense de l’Humanité du 7 septembre 1930 s’impose comme l’acte fondateur de la Fête organisée par notre journal.
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