Adèle Haenel : « Sortir du déni, c’est remettre le monde à l’endroit »

L’actrice, autrice et militante publie « Viser juste » (l’Arche), une méthode de jeu qui s’appuie sur un matériau autobiographique. Elle y revient, par la fiction, sur son trajet artistique qui a accompagné celui de sa reconstruction à la suite d’agressions pédocriminelles. Elle sera présente à la Fête de l’Humanité.

Publié le 26 août 2026 Mis à jour le 31 août 2026 à 10:56
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Depuis sa décision de rompre avec l’industrie du cinéma, Adèle Haenel a renoué avec le théâtre, un art qu’elle pratique depuis l’enfance. C’est précisément une maison d’édition dédiée aux écritures dramatiques (et indépendante), l’Arche, qu’elle a choisie pour publier son premier livre, « Viser juste ».

À partir d’un matériau autobiographique, elle retrace sa trajectoire artistique, depuis les premiers ateliers à la Maison populaire de Montreuil jusqu’à son travail actuel avec la metteuse en scène Gisèle Vienne. En alternant des passages écrits à la première personne du singulier et des saynètes qui évoquent des scénarios ou des pièces de théâtre, elle mène une réflexion acérée sur la prédation et les violences sexuelles à l’échelle d’une société, le formatage des enfants par les adultes et la féminité imposée. Militante, engagée dans la lutte contre le génocide à Gaza, elle est devenue en 2019 une figure de proue du MeToo français en témoignant des agressions pédocriminelles qu’elle a vécues.

Vous dites de ce livre, « Viser juste », qu’il est une lutte pour comprendre. Quelle en est la genèse ?

Adèle Haenel

Actrice, autrice et militante

J’ai été contactée par Claire Stavaux, directrice de l’Arche, qui m’a proposé un entretien. J’ai préféré écrire une méthode de jeu, expliquer pourquoi j’appréhende le jeu d’acteur non pas en cherchant à jouer juste mais plutôt en comprenant ce qui se joue dans les situations.

Parce que la pratique du théâtre a un rôle central dans mon expérience et dans ma vie, il fallait essayer de retracer la raison pour laquelle cela m’importe à ce point. J’ai donc décidé de plonger dans une matière plus autobiographique. « Viser juste » reste une expérience littéraire mais avec un matériau autobiographique que j’ai utilisé pour expliciter la manière dont le jeu d’acteur et l’interprétation m’ont permis de regagner un spectre sensible dévasté par un processus de mise en boîte dans une identité féminine normative.

L’écriture était-elle déjà présente dans votre vie ?

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